Espace membre

Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale

> Accueil > Thèmes > DROITS FONDAMENTAUX : Education, Emploi, Logement, Santé, Non-recours, Inégalités > Logement > INSEE PREMIÈRE : 11 millions de personnes sont locataires d’un logement social

INSEE PREMIÈRE : 11 millions de personnes sont locataires d’un logement social

Imprimer cette page

[30 novembre 2018]

► 16 % du parc des logements occupés sont des logements sociaux

En 2016, en France, 10,7 millions de personnes résident dans 4,5 millions de logements sociaux. Le parc social représente 16 % de l’ensemble du parc de logements occupés. L’attribution des logements sociaux dépend de plusieurs critères, notamment du niveau de ressources des bénéficiaires, de la localisation de la demande, de la composition du ménage, de la situation familiale et des conditions de logement (sur-occupation, insalubrité ; encadré 1). Les occupants des logements n’ont pas systématiquement d’obligation de mobilité, même s’il arrive qu’ils ne répondent plus aux critères d’entrée. Au moment de l’attribution du logement, ils présentent des caractéristiques spécifiques qui peuvent évoluer au cours du temps (modification de la composition familiale, augmentation ou baisse des revenus...).

► Les logements sociaux sont plus présents dans les grandes unités urbaines

Les logements sociaux sont davantage présents dans les unités urbaines de plus de 20 000 habitants (figure 1). En 2016, les unités urbaines de plus de 200 000 habitants (y compris celle de Paris) regroupent 57 % des logements sociaux occupés, alors qu’elles ne rassemblent que 40 % des logements occupés sur l’ensemble du territoire. La ville de Paris concentre 5 % du parc occupé des bailleurs sociaux (et 4 % du parc total de logements en France) et la petite couronne 12 % de ce parc (contre 6 % du parc total de logements). La part des locataires du parc social par rapport au secteur libre est de ce fait plus importante en région parisienne, dans le Nord de la France et dans les grandes villes telles que Lyon, Nantes et Marseille.

Les quartiers prioritaires de la politique de la ville regroupent 31 % de l’ensemble du parc social occupé, tandis qu’ils représentent 7 % des logements occupés en France. Dans ces quartiers, 68 % des logements sont des logements sociaux. Cette proportion s’élève à 71 % en Île-de-France. Les propriétaires occupants et les locataires du secteur libre représentent, dans ces quartiers, respectivement 15 % et 17 % du parc occupé.

► L’âge moyen des locataires du parc social se situe entre celui des locataires du secteur libre et celui des propriétaires occupants

Les personnes de référence des ménages occupant des logements sociaux sont en moyenne âgées de 50 ans. Elles sont plus jeunes que celles des ménages propriétaires occupants (57 ans en moyenne), mais plus âgées que celles des ménages locataires du secteur libre (44 ans). En effet, les ménages dont la personne de référence a entre 38 et 53 ans sont sur-représentés parmi les locataires du parc social (figure 2). Avant 38 ans, on est surtout locataire dans le secteur libre et au-delà de 53 ans, plutôt propriétaire occupant. L’accès à la propriété est en effet progressif au cours du cycle de vie. Les plus jeunes sont plus souvent locataires. S’ils disposent de ressources suffisantes, ils achètent leur logement lorsqu’ils se stabilisent professionnellement et au moment de vivre en couple et/ou à la naissance d’enfants.

Le niveau de ressources est un des principaux critères d’affectation des logements sociaux. Les ressources des locataires évoluent après leur emménagement, de sorte qu’elles peuvent dépasser les seuils d’attribution. Si leurs ressources dépassent de 20 % les plafonds d’attribution liés au type de logement qu’ils occupent, un supplément de loyer de solidarité peut leur être facturé.

Mais, de fait, les ressources des habitants du parc social sont très inférieures à celles des locataires du secteur libre et surtout à celles des propriétaires occupants. En 2016, le niveau de vie médian des locataires du parc social s’élève à 15 100 euros par an, contre respectivement 17 900 euros et 23 300 euros pour les locataires du secteur libre et les propriétaires. 85 % des ménages résidant en logement social ont un niveau de vie inférieur au niveau de vie médian des occupants du secteur libre. Les ménages aux plus faibles niveaux de vie sont donc sur-représentés dans les logements sociaux (figure 3) ; ils bénéficient également plus souvent de prestations sociales (encadré 2).

Dans le logement social, les situations de pauvreté sont ainsi plus fréquentes : le taux de pauvreté atteint 35 % ; dans les autres secteurs, il est de 23 % pour les locataires du secteur libre et de 7 % pour les propriétaires occupants.

Par ailleurs, les personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans le parc social résident plus souvent dans les unités urbaines de plus de 20 000 habitants et sont sur-représentées dans les grands pôles urbains. Dans le secteur libre, la concentration géographique est moins marquée, les phénomènes de pauvreté étant moins liés à la taille d’unité urbaine.

A contrario, 3 % des occupants du parc social font partie des 20 % de personnes les plus aisées. Les deux tiers d’entre eux résident dans l’unité urbaine de Paris, qui concentre 29 % des locataires du parc social en France. Plus généralement, les occupants les plus aisés du parc social résident essentiellement (92 %) dans les grands pôles urbains. L’avantage monétaire lié à des loyers moins élevés que ceux du secteur libre n’incite sans doute pas ces locataires à changer de logement, malgré les suppléments de loyers qu’ils peuvent avoir à acquitter.

► Les familles monoparentales très présentes dans les logements sociaux

Les familles monoparentales sont sur-représentées dans le parc social (figure 4), où elles sont en proportion deux fois plus nombreuses que dans l’ensemble du parc occupé. Elles répondent plus souvent aux critères d’attribution d’un logement social car leurs situations financières sont souvent parmi les plus précaires et la présence d’une personne à charge dans le ménage permet d’être prioritaire, notamment en cas de sur-occupation dans le logement d’origine. Ces familles vivent plutôt en milieu urbain (Île-de-France et Sud de la France) et plus particulièrement dans les couronnes des grands pôles urbains.

En revanche, les couples sans enfant sont moins présents dans les logements sociaux. Lorsque la personne de référence a moins de 35 ans, ces ménages sont plutôt locataires du secteur libre. À partir de 50 ans, alors que les enfants peuvent avoir quitté le foyer, ces couples sont principalement propriétaires occupants.

Près du quart (23 %) des logements sociaux sont occupés par des couples avec enfants. Les caractéristiques de ces logements favorisent en effet l’accueil de ces familles : en 2016, les logements de 3 ou 4 pièces représentent respectivement 37 % et 29 % de ce parc [Guillon O., 2016]. Parmi les familles avec enfants, les familles nombreuses sont sur-représentées dans le locatif et principalement dans le parc social. Les logements sociaux occupés par les familles avec enfants sont majoritairement présents dans l’unité urbaine de Paris et dans les grands pôles d’unités urbaines de plus de 200 000 habitants.

Les personnes vivant seules sont également un peu plus présentes dans le parc social (38 % des habitants des logements sociaux, contre 35 % dans l’ensemble du parc de logements). Plus de la moitié d’entre elles sont des femmes (60 %) et les personnes de plus de 60 ans sont également très présentes (47 %). Ce sont le plus souvent des célibataires jamais mariés ni pacsés ou encore des personnes divorcées ; les veufs ou les veuves y sont moins représentés car davantage propriétaires occupants. En 2016, le niveau de vie médian de ces personnes seules s’élève à 15 700 euros. Il est inférieur, parmi les personnes vivant seules, à celui des locataires du secteur libre (17 400 euros) et des propriétaires occupants (21 700 euros). Dans l’unité urbaine de Paris, le constat n’est pas le même, car les personnes seules sont sous-représentées dans le parc social.

En 2016, 31 % des ménages dont la personne de référence est née à l’étranger, qu’elle soit de nationalité française ou étrangère, occupe un logement social, contre 14 % des ménages dont la personne de référence est née en France. Cette différence est en lien avec les caractéristiques sociodémographiques des ménages nés à l’étranger. Leurs ressources, la composition de leur famille ou leurs conditions de logement antérieures correspondent plus fréquemment aux critères d’attribution d’un logement social. Les ménages dont la personne de référence est née en Afrique subsaharienne, en Turquie ou au Maghreb sont sur-représentés dans le parc social relativement aux autres natifs de l’étranger : respectivement 50 %, 39 % et 38 % de ces ménages occupent un logement social (figure 5).

Lire l’article
Lire les données complémentaires

Mentions légales  ¦   ¦  Plan du site  ¦