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Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale

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Déterminisme social : « L’inégalité des chances en France est d’abord une inégalité des chances éducatives »

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[30 juillet 2018] Une étude de France Stratégie analyse les inégalités de destin en France sur la période 2011-2014. D’après son auteur, les inégalités sont très marquées et s’expriment principalement dans les niveaux de diplômes.

Intitulée Nés sous la même étoile ? Origine sociale et niveau de vie, l’étude exploite les données de l’échantillon démographique permanent de l’Insee pour observer si et comment l’origine sociale des individus conditionne leur trajectoire et leur niveau de vie.

D’après son auteur, si la France présente des inégalités de revenus (après redistribution) contenues par rapport aux autres pays, elle accuse néanmoins un niveau élevé d’inégalité des chances. L’origine sociale est le principal facteur de ces disparités, loin devant l’âge, le sexe ou l’ascendance migratoire. C’est ainsi entre les deux extrémités de la distribution sociale que les écarts sont les plus importants : « Un enfant de cadre supérieur a 4,5 fois plus de chances qu’un enfant d’ouvrier d’appartenir aux 20 % les plus aisés », précise l’analyste.

Quoique moins marqué, le constat d’inégalité vaut aussi selon lui pour le risque d’appartenir à un ménage pauvre, à savoir un ménage dont les revenus sont inférieurs à 60 % du niveau de vie médian de la population : « Chiffré à 8 % pour l’ensemble des individus de l’échantillon, il n’est que de 4 % pour les enfants de cadres mais de 16 % pour les enfants d’ouvriers non qualifiés ».

Ces inégalités s’expriment surtout dans l’influence qu’exerce l’origine sociale sur le niveau de diplôme obtenu, qui à son tour influe non seulement sur le niveau de vie mais aussi sur le choix du conjoint. L’effet diplôme est donc double. L’auteur parle ainsi d’« homogamie éducative » pour caractériser cette interaction entre homogamie sociale et inégalité des chances : « C’est parce que les enfants d’ouvriers se mettent plus souvent en couple entre eux et que les enfants de cadres supérieurs font de même, et parce que la réussite scolaire est moins élevée chez les premiers que les seconds, qu’un enfant d’ouvrier a moins de chances d’être en couple avec un bachelier qu’un enfant de cadre, quand bien même les deux ont atteint le même niveau de diplôme ».

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